Note de Presse

 

Par son arrêt TC/0168/13 rétrograde en date du 23 septembre 2013 – attentatoire aux droits citoyens et fragilisant les conquêtes d’interminables luttes pour les droits de l’homme consacrées par la Charte des Nations-Unies depuis 1948 – la Cour Constitutionnelle de la République dominicaine ravit la nationalité dominicaine à plusieurs générations d’immigrants ainsi qu’à leur progéniture, installés dans ce pays depuis le 21 juin 1929.

 

En regard de maints antécédents historiques, cette décision, référant à la date d’un traité relatif aux accords frontaliers entre HAITI et la République Dominicaine, s’inscrit en droite ligne dans le projet génocidaire bien connu «d’épuration et de blanchiment» de la «race» dominicaine cristallisé à la face du monde en 1937, sous le gouvernement du dictateur Rafael Leonidas Trujillo y Molina, par le massacre dit de « perejil » de plus de 20.000 individus de couleur noire – notamment d’origine haïtienne.

 

En dépit de subterfuges maladroits, l’Arrêt cible essentiellement, voire exclusivement les Dominicains d’origine haïtienne et sert de prétexte aux déportations massives se faisant dans des conditions inhumaines vers Haïti, de groupes d’individus pauvres à la peau noire, dominicains ou de souches haïtiennes, empaquetés comme du bétail après s’être vus dépouillés de tous leurs biens.

 

Nous, citoyennes et citoyens haïtiens ,constituant le COLLECTIF DU 4 DECEMBRE, décidés à défendre les grands idéaux de la  révolution haïtienne ainsi que les valeurs fondatrices de notre nation, et engagés dans la construction d’une Haïti prospère, juste, solidaire et détachée de toute inféodation,

    considérant que cette décision provocatrice et les mesures subséquentes sont porteuses d’indices précurseurs d’événements macabres et constituent une grave menace pour les relations haitiano-dominicaines et la stabilité géopolitique de la région caribéenne ;

 

    considérant, qu’il est impératif que chacun de nous prenne toute la mesure du drame psychologique, physique, économique et socioculturel vécu par les victimes de l’Arrêt TC/0168/13 du 23 septembre 2013 ;

 

    considérant que, face à une telle situation, le support collectif de tous les Haïtiens ainsi que l’engagement humanitaire mondial deviennent une impérieuse nécessité et que faire obstacle à cet Arrêt de la Cour constitutionnelle dominicaine devient désormais un droit et un devoir humains ;

 

saluons d’abord la prise de position d’une partie significative de la population dominicaine qui a le courage de dénoncer l’ostracisme de cet arrêt,

 

dénonçons et condamnons énergiquement l’arrêt rétrograde TC/0168/13 du 23 septembre 2013 attentatoire aux droits citoyens et fragilisant également les conquêtes d’interminables luttes pour les droits de l’homme consacrées par la Charte des Nations-Unies depuis 1948,

 

demandons au Gouvernement de notre pays :

  • De prendre toutes les dispositions afin de faire respecter les droits de nos concitoyens hors de nos frontières comme à nos frontières

  • de renforcer le contrôle douanier aux divers points de passage entre notre pays et la République dominicaine;

  • de seconder et d’encadrer nos importateurs dans l’identification en urgence des alternatives d’échanges avec des pays voisins autres que la République dominicaine ;

  • de prendre des mesures visant une meilleure intégration de tous les Haïtiens au système, aux facteurs et au mode de production d’Haïti ,

  • d’engager résolument notre pays sur la voie de l’autonomie et de la prospérité en déclarant, sans délai, L’ETAT D’URGENCE pour la RELANCE DE LA PRODUCTION NATIONALE avec toutes les mesures incitatives immédiates et soutenues y afférentes ; et demandons, tant que durent ces mesures scandaleuses de la République Dominicaine, – à tous les Haïtiens conséquents

  • De ne plus acheter de produits venant de la République dominicaine,

  • De ne plus utiliser les services des compagnies dominicaines,

  • De renoncer à des séjours touristiques en République dominicaine ;

    - aux medias solidaires d’Haïti.

• De suspendre toute forme de publicité relative aux produits et services dominicains ;

- aux commerçants.

• D’offrir d’autres produits au peuple haïtien que ceux provenant de la République Dominicaine.

 

Mettons-nous ensemble pour dire NON et infliger un veto universel à l’Arrêt TC/0168/13

Faisons un front commun contre l’inacceptable !

 

 

Barrons la route à toutes les formes de racisme !

Fait à Port-au-Prince, le 16 décembre 2013

 

 

 

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Jean-Robert ARGANT, Coordonnateur General

 

collectif4decembre@gmail.com

Tel: (509)3618 5400

 

 

 

This entry was posted on Décember 17, 2013